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16/05/2007

A quoi servent les blogs?

Oui, au fond, à quoi servent les blogs? Je reviens sur cette question que Michel Konen, le rédacteur-en-chef de "La Libre" posait dans son premier article.

Si je résume, je crois que les blogs ça sert avant tout à dire ce qu'on ne dit pas ailleurs. On ne peut pas tout dire dans un journal. Non, non: ce n'est pas qu'il y ait de la "censure", rassurez-vous. Ce n'est pas qu'on n'y soit pas libre de dire ce que l'on pense. C'est autre chose. Dans un journal - une gazette veux-je dire -, on est limité. Par le temps. Par la place. Par tous ces sujets qu'il faut traiter parce qu'ils font l'actualité. Parce qu'il y a un nombre de pages qui sont prévues et qu'elles ne sont pas extensibles. Et parce que le papier, ça coûte cher.

Sur un blog, vous n'avez pas ces limitations. Il faut écrire concis, pour être lu, mais vous avez le droit d'y traiter n'importe quel sujet qui vous préoccupe, qu'il fasse ou non la "une" des quotidiens, qu'il intéresse la généralité des citoyens ou quelques individus seulement.

Voyez Amazon, par exemple. En somme, c'est la plus grande librairie du monde. On peut pratiquement tout y trouver, d'une manière ou d'une autre. Parce qu'il n'y a pas de stock à financer. Pas de bouquins à acheter aux éditeurs et à tenter d'écouler auprès des chalands. Cela fait le fond d'une théorie qui a été formulée pour la première fois en 2004 - mais qui était déjà connue des statisticiens: the long tail, la longue traîne, ça s'appelle. Voyez ici.

Cela s'applique bien aux blogs. On peut s'y passionner pour le plus microscopique des sujets. Mais il faut se passionner. Savoir lire. Et savoir en parler.

Les blogs? C'est la plus grande gazette qui ait jamais été conçue. Un journal virtuel et gratuit. Avec bien plus de pages que l'édition dominicale du New York Times. C'est la préfiguration du journalisme de demain.

C'est mon avis, en tout cas. On en parle quand vous voulez (vous avez vu? Je réponds toujours aux commentaires que vous me faites le plaisir et l'honneur de placer sous mes billets).

 

24/04/2007

Soyez des "journalistes", mais ne copiez pas les journaux!

Je lis régulièrement plusieurs blogs de journalistes, dont ceux de La Libre, évidemment. Bien écrits, pertinents, intéressants, mais... d'où me vient parfois cette impression de déjà vu, de déjà lu?

Probablement de ce que certains posts sont souvent conçus comme des articles de presse "papier". Des éditos rentrés, des choses vues, des à côtés qui n'ont pas trouvé place dans l'édition du jour.

C'est loin d'être inintéressant, je le répète, mais les blogs ont une langue propre, spécifique. Et on ne les lit pas de la même façon qu'on lit un article de journal. Il faut donc bien qu'il y aie aussi une autre façon de les écrire.

  1. D'abord, il y a le sujet. Prenons l'exemple des élections présidentielles en France, puisqu'apparemmet elles intéressent autant les Belges que nos voisins. A quoi sert-il d'éditorialiser à ce propos dans un blog? On n'a pas lu et entendu assez de commentaires dans les journaux et à la télé? Pas facile d'écrire là-dessus quelque chose qui vaille d'être lu. Paris Libre l'a tenté ce week-end et je trouve ça plutôt chouette.
  2. Ensuite il y a le ton, le style. Si décontractée soit-elle pour se conformer à l'air du temps, la plume du journaliste n'échappe pas à une dose d'amidon. On n'écrit pas comme on parle. Sauf dans un blog. Pour citer Loïc Le Meur (voyez sous le titre de son site renommé): les medias traditionnels diffusent des messages, les blogs démarrent des conversations.
  3. Enfin et surtout, il y a l'objectif. La presse a pour vocation de traiter de vastes sujets de manière synthétique. Les blogs ne sont jamais aussi passionants que dans la "niche" qui leur est propre.

Ce qui vaut pour les journalistes est aussi vrai pour les blogueurs "ordinaires". Un éditorial de Monsieur Tout-le-Monde réussira rarement à marquer les esprits. Une information sur ce qui est arrivé de signifiant près de chez lui, si. Comme aussi son point de vue sur un sujet relevant de son expertise propre.